Le 16 avril 2019, le général Jean-Louis Georgelin est nommé représentant spécial du Président de la République « en charge de veiller à l’avancement des procédures et des travaux qui seront engagés pour la restauration de la cathédrale. »

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Le général Jean-Louis Georgelin devant la Tête de l’architecte Viollet-le-Duc représenté en saint Thomas à l’exposition « Revoir Notre-Dame » durant les Journées européennes du patrimoine le 20 septembre 2019.

© Thibault Chapotot / ministère de la Culture

Conformément à la loi du 29 juillet 2019, l’établissement public chargé de la conservation et de la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris (EPRNDP) est créé par décret du 28 novembre 2019. Le 2 décembre, le général Georgelin en est nommé président pour un mandat de cinq ans.

Objectif : restaurer Notre-Dame en cinq ans

Pour atteindre l’objectif fixé par le Président de la République de restaurer Notre-Dame en cinq ans, une première mission est assignée à l’établissement public : achever les travaux de sécurisation et de consolidation du monument, entrepris par la DRAC d’Île-de-France après l’incendie du 15 avril 2019, et conduire les études et travaux nécessaires à sa restauration définitive.

En complément de cet objectif principal, l’établissement public doit également valoriser, auprès du grand public, les compétences et savoir-faire mobilisés pour ce chantier exceptionnel : montrer le travail des charpentiers, couvreurs, tailleurs de pierre, sculpteurs, maître-verriers, restaurateurs, architectes, facteurs d’orgue…

Le chantier étant financé via la générosité publique, notamment par le biais de la souscription nationale et les dons récoltés par les fondations et organisme public, l’établissement a aussi pour mission d’assurer le suivi et la traçabilité des crédits issus de la souscription nationale et d’en rendre compte aux donateurs.

Pour mener à bien ces différentes missions, l’établissement public peut s’appuyer sur plusieurs comités internes : le conseil scientifique, consulté sur les études et opérations de conservation et de restauration, le comité d’audit et des investissements, chargé de contrôler le bon usage des crédits et le comité des donateurs, permettant d’associer ces derniers ou les fondations reconnues d’utilité publique ayant organisé la souscription nationale, à la gouvernance de l’établissement. 

Enfin, toutes les actions menées par l’établissement doivent être mises en œuvre en concertation étroite avec l’État, qui est le propriétaire de l’édifice, et le clergé, qui en est le principal utilisateur.

Des moyens à la mesure d’un chantier exceptionnel

Afin de mener à bien cette restauration, qui se doit d’être exemplaire, l’établissement public s’appuie sur une équipe de professionnels de la maîtrise d’ouvrage recrutés principalement au sein du ministère de la Culture et de ses établissements publics. À terme, l’EPRNDP devrait comprendre une quarantaine de personnes.

Le budget destiné au chantier est également hors normes. Les travaux sont en effet financés par la souscription nationale dont le montant est aujourd’hui évalué à 830 millions d’euros et qui ont été récoltés à l’initiative du ministère de la Culture, de la Fondation Notre-Dame, la Fondation du patrimoine, la Fondation de France et le Centre des monuments nationaux.

Enfin, pour respecter les délais fixés par le président de la République, la loi autorise des dérogations au code du patrimoine en matière d’archéologie préventive, et au code de l’environnement en termes de publicité. La loi permet au Gouvernement, d’adapter par ordonnance un certain nombre de règles en matière d’urbanisme, d’environnement, de voirie et de transport, dans un délai d’un an. Ce délai a été prorogé de 4 mois par la loi d’urgence sanitaire du 23 mars 2020.