Entre 1855 et 1865, Jean-Baptiste Lassus et Eugène Viollet-le-Duc firent réaliser un décor vitré qu’ils souhaitaient le plus respectueux possible des traditions médiévales. Le programme fut donc composé de vitraux à grandes figures pour les baies hautes du chœur, de vitraux légendaires pour quelques chapelles et de verrières en grisailles pour le reste de l’édifice.

Les architectes s’entourèrent des meilleurs peintres verriers, dont certains, comme Charles Laurent Maréchal dit Maréchal de Metz (1801-1887) ou Eugène Oudinot (1827-1889), véritables pionniers de la redécouverte de la peinture sur verre, étaient tous parvenus à la maturité de leur art.

Pour ces nouveaux vitraux, Lassus et Viollet-le-Duc s’appuyèrent sur des écrits évoquant les verrières disparues et trouvèrent leur source d’inspiration dans les relevés de fragments anciens conservés ainsi que sur les vitraux en place dans d’autres édifices comme la Sainte-Chapelle ou la cathédrale de Chartres.

L’habileté des architectes fut de réussir à placer côte à côte des œuvres de sept artistes différents, sans que l’on puisse constater aucune disharmonie entre elles. Le choix comme cartonnier, pour la plupart des verrières, du peintre Louis Charles Auguste Steinheil (1814-1885), fin connaisseur du vitrail médiéval pour avoir participé à des chantiers de restauration, contribua certainement à renforcer l’unité de style.

Pour les fenêtres hautes du chœur, l’idée était de se rapprocher des représentations de grands personnages sur fonds clairs qui s’y trouvaient au XIVe siècle, mais ici Maréchal de Metz a placé ses figures sur des fonds aux couleurs très vives, bleu et rouge : au centre, une Glorification de la Vierge entourée d’une Annonciation et d’une Visitation puis, dans les travées droites, un cortège de prophètes, de rois et patriarches, d’apôtres et des évêques de Paris.

Dans les chapelles du chœur figurent plusieurs verrières consacrées à la Vierge, mais aussi aux vies de saint Louis, de saint Étienne ou encore de saint Eustache.

Dans la nef, la chapelle Sainte-Anne est décorée par un Arbre de Jessé aboutissant au sommet à une représentation de sainte Anne et de la Vierge, exécutée par Didron.

Un grand nombre de vitraux en grisaille sont répartis dans les baies de la cathédrale avec, dans certaines chapelles, un décor figuré seulement au tympan. Ces verrières présentent des motifs différents d’une baie à l’autre, qui s’inspirent de modèles médiévaux des XIIe et XIVe siècles, relevés pour certains sur des panneaux anciens subsistant dans la cathédrale.

Bibliographie

Catherine Brisac, « Les vitraux du XIXe siècle », dans Les Vitraux de Notre-Dame de Paris, dir. Louis Grodecki, Paris, Nouvelles Éditions latines, 1981, p. 11-26.

Annie Auzas et Odile Pinard, « Les verrières modernes », dans Notre-Dame de Paris, sous la direction de Dany Sandron, Jean-Pierre Cartier et Gérard Pelletier, Strasbourg, La Nuée bleue, coll. « La grâce d’une cathédrale », 2012, p. 293-299.

Pour aller plus loin

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