Dans ses projets de construction ou de restauration d’édifices religieux, Eugène Viollet-le-Duc intègre fréquemment des études de mobilier liturgique et d’ameublement, convergeant ainsi vers un art total, fondé sur le style gothique. Les éléments de mobilier et les grands décors ainsi spécialement dessinés par l’architecte pour la cathédrale de Paris sont confiés à des artistes de multiples disciplines. Cette cohérence recherchée entre l’architecture et les arts décoratifs fait de Notre-Dame, au cours de ces années 1840-1860, l’un des chantiers les plus complets de recherche sur le patrimoine médiéval, à la croisée de la restauration et de la création.

Dans le domaine du mobilier religieux, le corpus créé par Eugène-Emmanuel Viollet-le-Duc (1814-1879) est difficilement quantifiable. Dans le développement de ses goûts artistiques, l’architecte doit beaucoup à Jean-Baptiste Lassus (1807-1857), architecte et historien de l’architecture et des arts décoratifs du Moyen Âge.

 

Aux sources de la création

En 1848, Viollet-le-Duc devient membre de la commission des Arts et des Édifices religieux et, l’année suivante, rejoint la commission supérieure de perfectionnement des manufactures nationales de Sèvres, des Gobelins et de Beauvais. En 1863, il est nommé professeur d’histoire de l’art et d’esthétique à l’École des beaux-arts, où sa chaire consacre la naissance de la discipline de l’histoire de l’art.

Parfois illustrées, ses recherches sur la cathédrale de Paris à l’époque médiévale inspirent le mobilier conçu dans les années 1850-1860. Les études sont publiées dans le Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle paru en 10 tomes de 1854 à 1868. L’intérêt de l’architecte se porte, du XIIe au XIVe siècle, sur des éléments aussi diversifiés que les chapelles absidales (t. I, p. 201 et 207), la clôture du chœur (t. III, p. 468), le dallage (t. V, p. 21, fig. 10), le jubé (t. VI, p. 149), les peintures murales (t. VII, p. 109), la piscine (t. VII, p. 195), la serrurerie (t. VIII, p. 290 et 300, fig. 10-13), les stalles (t. VIII, p. 471), le trésor (t. IX, p. 261) et le vitrail (t. IX, p. 399 et 418, fig. 22bis A).

Cette approche architecturale est complétée par les notices du Dictionnaire raisonné du mobilier français de l’époque carolingienne à la Renaissance, paru en 6 volumes de 1858 à 1870, où il publie par exemple un projet de chandelier, dont les enchevêtrements de rinceaux, de fleurs d’aster et de palmettes, inspirés du décor de l’art roman, sont à l’origine du chandelier pascal monumental réalisé vers 1868 pour le chœur de Notre-Dame.

Peu après la parution du premier volume du Dictionnaire raisonné du mobilier français, Mérimée souligne dans Le Moniteur (14 février 1859) que, outre leur érudition documentaire, les recherches de Viollet-le-Duc ont une utilité pratique en vue du « perfectionnement de notre industrie ». En matière de mobilier et d’aménagement intérieur, l’architecte réussit à rendre compte de la beauté d’un lutrin ou d’une serrure en adoptant comme point de départ leur légitimité technique et fonctionnelle, rendant ainsi indissociables structure et ornement, programme et fabrication. L’un des apports de Viollet-le-Duc est la compréhension du dynamisme des matériaux.

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Les réalisations de mobilier moderne par Viollet-le-Duc, salle de l’exposition Viollet-le-Duc. Les visions d’un architecte (Paris, Cité de l’architecture et du patrimoine, 2014-2015) © Cité de l’architecture et du patrimoine, 2014.

Dessinateur hors pair, Viollet-le-Duc enseigne, dès 1834, le dessin d’ornement à l’École spéciale gratuite de dessin (actuelle École nationale des arts décoratifs). En 1862, il fait partie de la commission chargée de réfléchir à l’organisation de l’enseignement du dessin industriel. Après ses deux dictionnaires raisonnés, monuments de science, il entreprend après 1871 de s’adresser à la jeunesse en publiant une série d’ouvrages chez Hetzel : les Histoires.

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Plat du cartonnage de l’Histoire d’un dessinateur. Comment on apprend à dessiner, par Eugène Viollet-le-Duc, Paris, J. Hetzel et Cie, 1878.

Au service du projet esthétique de Notre-Dame de Paris, Viollet-le-Duc mobilise un savoir encyclopédique. En témoignent l’exceptionnel fonds de dessins et d’archives (fonds d’agence et archives des héritiers) et les documents issus du musée de Notre-Dame (dépôt MND), conservés à la Médiathèque de l’architecture et du patrimoine (MAP), tout comme les pièces de mobilier et les décors conservés dans la cathédrale. Il donne les projets de tapis d’autel, de grilles et de pièces de mobilier pour le chœur, de la chaire à prêcher, des fonts baptismaux et de luminaires… Dès 1878, l’abbé Geispitz célèbre toutes ces créations dans son Guide complet artistique et religieux de Notre-Dame.

 

Le mobilier du chœur

Le chœur de la cathédrale est composé de cinq travées et entouré d'un double déambulatoire. Viollet-le-Duc y privilégie le style gothique de l'édifice et supprime certaines des transformations effectuées par l’architecte Robert de Cotte en 1708-1725, comme celle qui avait consisté à revêtir les arcades gothiques par des colonnes classiques en marbre supportant des arcs en plein-cintre. Sur les côtés maçonnés nord et sud de la clôture du chœur, son équipe restaure la polychromie des scènes des XIIIe et XIVe siècles.

En 1859, l’architecte dessine des barrières et grilles de clôture du chœur d’une grande élégance, exécutées par le serrurier Duffner en fonte de fer et vernis doré. Les deux battants fermés dessinent une croix inscrite dans un fleuron, motif central et sommital de la ligne ondulée qui limite le débordement végétal.

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Partie des grilles du chœur, par Duffner, serrurier, d’après Viollet-le-Duc, fonte de fer, vernis doré. © J.-P. Dalbéra

Projet de grilles du chœur de la cathédrale de Paris. Elévation des grilles. Plan du côté sud du chœur, dessin d’Eugène Viollet-le-Duc, 10 novembre 1857, aquarelle, encre, lavis. Charenton-le-Pont, MAP, 1996/083–1023. © Médiathèque de l’architecture et du patrimoine, ministère de la Culture.

À l’est du chœur, maintenant aussi les stalles et les sculptures du début du XVIIIe siècle à l’arrière, il supprime le maître-autel voulu par Robert de Cotte pour proposer un nouveau maître-autel, constitué d’un autel de pierre sculptée et peinte, d’un gradin de bronze et de bois sculpté et d’un tabernacle de bronze. Le dessin de Viollet-le-Duc du 19 novembre 1857, conservé par la MAP, figure ce tabernacle, commandé par le chapitre de Notre-Dame, que l’orfèvre Poussielgue-Rusand livre en 1861. Le maître-autel est terminé pour l’Exposition universelle (1867), puis installé dans le chœur de la cathédrale.

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Projet de maître-autel, dessin d’Eugène Viollet-le-Duc, 19 novembre 1857, crayon et aquarelle. MAP, 1996/083–1025. © Médiathèque de l’architecture et du patrimoine, ministère de la Culture.

Maître-autel, d’après Viollet-le-Duc. Classé au titre des monuments historiques, 16 mai 1980. Paris, cathédrale Notre-Dame, inv. NDP n°0607a. Cliché Jean Gourbeix, AP80P00584. © Médiathèque de l’architecture et du patrimoine, ministère de la Culture.

Exécutée également par l’orfèvre Poussielgue-Rusand d’après Viollet-le-Duc (dessin du 15 septembre 1866, MAP, fonds Poussielgue-Rusand), la garniture du maître autel comprend une croix de bronze et six chandeliers de bronze doré. À cet ensemble s’ajoutent trois canons d’autel, exécutés en métal argenté, d’après un dessin de l’architecte vers 1867.

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Croix et chandeliers (h. 153 cm, larg. 31,5 cm) du maître-autel, bronze, par Poussielgue-Rusand d’après Viollet-le-Duc. Classés au titre des monuments historiques, 16 mai 1980. Paris, cathédrale Notre-Dame, inv. NDP n°0607d et n°0607e. © Jean Gourbeix / Médiathèque de l’architecture et du patrimoine

À l’entrée du chœur, Poussielgue-Rusand remplace deux candélabres anciens, de marbre vert, par deux candélabres de bronze, dessinés par Viollet-le-Duc et livrés en 1866 à la fabrique de la cathédrale. L’orfèvre crée aussi le grand chandelier dit chandelier pascal en bronze doré, commandé en 1868 par le conseil de fabrique. Ce chef-d’œuvre de serrurerie ne comporte ni vis ni rivet : chaque élément, forgé à part, est soudé aux autres pour former les grands panneaux ajourés du support triangulaire, assemblés par des bagues intégrées au décor.

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Chandelier pascal, dessin d’Eugène Viollet-le-Duc, [vers 1868], encre, crayon, lavis. MAP 1996/084–43210. © Médiathèque de l’architecture et du patrimoine

Chandelier pascal (h. 250 cm, larg. 84 cm), par Poussielgue-Rusand, d’après Viollet-le-Duc. Classé au titre des monuments historiques, 16 mai 1980. Paris, cathédrale Notre-Dame, inv. NDP n°0177. © Jean Gourbeix / Médiathèque de l’architecture et du patrimoine

Chandelier pascal présenté dans l’exposition Viollet-le-Duc. Les visions d’un architecte (Paris, Cité de l’architecture et du patrimoine, 2014-2015) © Cité de l’architecture et du patrimoine, 2014.

Chandelier pascal, d’après Viollet-le-Duc. © Pascal Lemaître 2012 / Centre des monuments nationaux.

Sur commande du conseil de fabrique (1868), Viollet-le-Duc dessine un extraordinaire lutrin, que Poussielgue-Durand réalise en bronze et fer doré. Par sa structure, sa composition et son décor, cette œuvre est l’un de ses chefs-d’œuvre. Elle fait coexister des figurations traditionnelles et des représentations fantastiques, dont le tétramorphe, symbole des quatre évangélistes, les têtes des douze apôtres, des fleurs d’aster, deux bobèches et trois lutrins, marqués de l’alpha et de l’oméga. Le lutrin le plus grand est supporté par l'aigle de saint Jean, aux ailes déployées, sur lesquelles on place un volume du Graduel de Notre-Dame (1668-1670). Par ces fleurs tentaculaires, les bras immenses des bobèches et les ailes flamboyantes de l’aigle, cette œuvre théâtrale montre combien l’architecte ne peut être enfermé dans le cadre étroit du rationalisme et flirte avec l’Art nouveau.

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Lutrin monumental, dessin d’Eugène Viollet-le-Duc, mars 1868, encre et aquarelle. MAP 1996/084–43227. © Médiathèque de l’architecture et du patrimoine.

La MAP conserve au total sept dessins de ce lutrin monumental.

Lutrin monumental, détail de la palmette, dessin d’Eugène Viollet-le-Duc, mars 1868, encre et aquarelle. Charenton-le-Pont, MAP, 1996/084–43229. © Médiathèque de l’architecture et du patrimoine.

À partir de ce dessin de fleuron traité en palmette-pieuvre, l’orfèvre a réalisé les trois supports du lutrin monumental.

Lutrin monumental (h. 279 cm, larg. 209 cm, larg. base 93,5 cm), par Poussielgue-Rusand d’après Viollet-le-Duc, 1868, bronze et fer doré. Classé au titre des monuments historiques, 16 mai 1980. Paris, cathédrale Notre-Dame, inv. NDP n°0300. © D.R.

Lutrin monumental, par Poussielgue-Rusand, 1868, bronze et fer doré. AP79P00840. © Jean Gourbeix / Médiathèque de l’architecture et du patrimoine

Lutrin monumental, par Poussielgue-Rusand, 1868. © Pascal Lemaître 2018 / Centre des monuments nationaux.

Lutrin monumental, par Poussielgue-Rusand, 1868. © Pascal Lemaître 2018 / Centre des monuments nationaux.

Lutrin monumental (détail), par Poussielgue-Rusand, 1868. © Pascal Lemaître 2018 / Centre des monuments nationaux.

Lutrin monumental (détail), par Poussielgue-Rusand, 1868. © Pascal Lemaître 2018 / Centre des monuments nationaux.

Lutrin monumental (détail), par Placide Poussielgue-Rusand, 1868. © Pascal Lemaître 2018/ Centre des monuments nationaux.

Lutrin monumental (détail), par Placide Poussielgue-Rusand, 1868. © Pascal Lemaître 2018 / Centre des monuments nationaux.

Le mobilier de style gothique créé par Viollet-le-Duc, inspiré par le siège épiscopal (XIVe siècle) du trésor de la cathédrale de Bayeux, comprend aussi une cathèdre et dix sièges de célébrant, réalisés par Poussielgue-Rusand entre 1863 et 1869 en bronze doré et velours : deux fauteuils, deux sièges en X à dossiers et six sièges en X sans dossier.

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Sièges de célébrant du chœur, par Poussielgue-Rusand d’après Viollet-le-Duc. Classés au titre des monuments historiques, 18 janvier 1967. Paris, cathédrale Notre-Dame, inv. n°0433. © Jean Gourbeix / Médiathèque de l’architecture et du patrimoine

Ces pièces sont complétées par un tapis de chœur, à point noué et de forme carrée, de 6 m de côté, restauré en 1993-1994 et en 2013, dont subsiste aujourd’hui la partie recouvrant les marches. Sur un modèle dessiné par Viollet-le-Duc, l’œuvre est exécutée par Frédéric Tixier, fabriquant de tapis à Aubusson, et l’atelier de la manufacture. Elle témoigne de la capacité de l’architecte à concevoir des décors à l’échelle monumentale jusque dans leurs plus petits détails.

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Tapis du sanctuaire, planche LIX des Peintures murales des chapelles de Notre-Dame de Paris exécutées sur les cartons de E. Viollet-le-Duc, Paris, A. Morel, 1870. Maurice Ouradou, dessinateur ; Jacob Levié, dit Adophe Levié, graveur. Bibl. du Centre des monuments nationaux, 11528. © Reproduction Philippe Berthé / CMN, 2013.

Tapis du sanctuaire, par la manufacture d’Aubusson (Frédéric Tixier) d’après Viollet-le-Duc. Classé au titre des monuments historiques, 8 janvier 1975. ©  Régie du patrimoine de la cathédrale / Notre-Dame de Paris.

Tapis de l’autel, planche LX des Peintures murales des chapelles de Notre-Dame de Paris exécutées sur les cartons de E. Viollet-le-Duc, relevées par Maurice Ouradou, Paris, A. Morel, 1870. Bibl. du Centre des monuments nationaux, 11528. © Reproduction Philippe Berthé / CMN, 2013.

Tapis du sanctuaire (partie recouvrant les gradins). © Régie du patrimoine de la cathédrale / Notre-Dame de Paris.

La création de luminaires

Dans son entreprise de reconstitution du mobilier gothique, Viollet-le-Duc dessine des luminaires réalisés par plusieurs orfèvres et bronziers : Lethimonier réalise quatorze bras de lumière, d’une à trois bougies et de sept types différents, pour le chœur ; Chéret, la croix d’autel et les quatre chandeliers (dessin de 1868, MAP, dépôt MND 49) de la chapelle Sainte-Madeleine ; Poussielgue-Rusand, sur des dessins de 1868, quatre lanternes de procession (h. 40 cm), montées sur des pattes d’aigle et ornées de quatre gâbles et quatre chimères aux angles du couronnement, et une hampe (h. 174 cm), de bronze doré et laiton. L’architecte dessine aussi six lampes de sanctuaire et dix candélabres à treize, trente et quarante-cinq lumières, toutes œuvres exécutées en bronze doré, ainsi que les chandeliers de bronze des garnitures d’autel des chapelles latérales.

L’ensemble de luminaires, exécutés par Poussielgue-Rusand, comprend une grande couronne de lumière octogonale en cuivre doré, pour la croisée du transept. La rangée principale, de huit fois six lumières, est séparée à chaque angle par trois lumières supplémentaires, légèrement en retrait. Le lustre est surmonté de huit tourelles, reliées à une couronne en cuivre doré. Le fonds Poussielgue-Rusand (MAP) conserve une esquisse du 1er septembre 1865 de cette couronne, déposée en 2007, à la demande de l’affectataire, et installée en 2014 à la basilique Saint-Denis.

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Couronne de lumière, ou grand lustre de la croisée du transept (diam. 350 cm), par Poussielgue-Rusand d’après Viollet-le-Duc. Classé au titre des monuments historiques, 11 septembre 1974. inv. n°0908. © Jean Gourbeix / Médiathèque de l’architecture et du patrimoine

La richesse, la souplesse et le mouvement des lignes de cette couronne de lumière trouvent un écho dans les douze lustres de bronze doré (h. 180 cm, diam. 160 cm), conçus en complément, ornés de feuillage, à deux rangées de douze et huit lumières, avec binet et bobèche, qui sont placés depuis 1904 aux clés de voûte des travées, de la deuxième travée au transept.

 

La chaire à prêcher

De chêne sculpté, la chaire à prêcher, classée au titre des monuments historiques le 16 mai 1980, placée dans la cinquième travée de la nef, au sud, est exécutée en 1868 par l’ébéniste Mirgon, sur les dessins de Viollet-le-Duc (MAP) ; les apôtres, les symboles des évangélistes et les anges sonnant de la trompette sont du sculpteur Corbon.

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Chaire à prêcher : élévation de la face latérale du côté de l’escalier et coupe, dessin d’Eugène Viollet-le-Duc, encre et lavis sur calque contrecollé. AP04R01951. © Médiathèque de l’architecture et du patrimoine

 

Le mobilier des chapelles

Le vaste programme de peintures murales décoratives s’accompagne de la création d’un mobilier spécifique pour les chapelles de la nef et du chœur. Pour la chapelle Saint-Denis sont réalisés douze vases pour les saintes huiles en étain, d’après un dessin de Viollet-le-Duc de 1866 (MAP, dépôt MND 40), dont la légende mentionne la commande de deux séries de six vases, pour chaque type d’huile.

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Chapelle Saint-Denis, planche LII des Peintures murales des chapelles de Notre-Dame de Paris, par Maurice Ouradou, 1870. Bibl. du CMN, 11528. © Reproduction Philippe Berthé / CMN, 2013.

Chapelle Saint-Denis : douze vases aux saintes huiles, d’après Viollet-le-Duc, 1866. inv. NDP n°0365. © Pascal Lemaître 2012 / Centre des monuments nationaux

En accord avec l’administration des Cultes, l’architecte dessine aussi en 1863 et 1864, en vue de leur installation dans les chapelles, plusieurs projets de recomposition de monuments funéraires antérieurs :

- les monuments funéraires du maréchal de Guébriant (†1643), et de son épouse, de pierre et marbre, projetés en 1863 pour la chapelle Saint-Ferdinand

- le monument de Mgr Christophe de Beaumont de Repaire, archevêque de Paris (1746-1781), de pierre et marbre, dessiné en 1862 et exécuté par Geoffroy-Dechaume en 1864 pour la même chapelle

- le monument de Mgr Antoine-Léonor Le Clerc de Juigné, archevêque de Paris (1781-1801), de pierre et marbre, dessiné en 1865 pour la chapelle Saint-Germain.

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Monument funéraire du maréchal de Guébriant et son épouse, remonté d’après un dessin de Viollet-le-Duc. Classé au titre des monuments historiques, 11 septembre 1974. © Jean Gourbeix / Médiathèque de l’architecture et du patrimoine

Monument funéraire de l’archevêque de Beaumont (par Geoffroy-Dechaume ?), remonté d’après un dessin de Viollet-le-Duc. Classé au titre des monuments historiques, 11 septembre 1974. © Jean Gourbeix / Médiathèque de l’architecture et du patrimoine

Monument funéraire de Mgr Antoine-Léonor Le Clerc de Juigné, remonté d’après un dessin de Viollet-le-Duc. Classé au titre des monuments historiques, 11 septembre 1974. © Jean Gourbeix / Médiathèque de l’architecture et du patrimoine 

Ces trois œuvres trouvent leur écho dans les monuments créés par le sculpteur Geoffroy-Dechaume : en 1852, le monument funéraire de Mgr Hyacinthe-Louis de Quélen, archevêque de Paris (1821-1839), de marbre rouge, noir et blanc, pour la chapelle Saint-Marcel et, en 1862, le monument funéraire du cardinal Louis Antoine de Noailles, archevêque de Paris (1695-1729), de marbre blanc et noir, pour la chapelle Saint-Louis.

Dans la première chapelle nord sont placés les fonts baptismaux dessinés par Viollet-le-Duc, au couvercle surmonté d’une statuette de saint Jean-Baptiste bénissant. Illustre partenaire de l’architecte, qui dessine trente-deux des quarante-et-un objets de son catalogue commercial de 1850, l’orfèvre Bachelet intervient dès ses premiers chantiers. C’est lui qui réalise en bronze ces fonts baptismaux, qu’il livre en 1860, avec la collaboration de Villeminot pour les sculptures. Rachetant le fonds Bachelet entre 1880 et 1889, l’orfèvre Poussielgue-Rusand s’appropriera cette pièce, inscrite à son catalogue commercial (1893).

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Fonts baptismaux, bronze, par Bachelet et Villeminot, d’après Viollet-le-Duc, 1860, bronze. Classés au titre des monuments historiques, 16 mai 1980. inv. NDP n°0220. © Pascal Lemaître 2012 / Centre des monuments nationaux.

Fonts baptismaux, 1860. © Jean Gourbeix - Simon Guillot / Médiathèque de l’architecture et du patrimoine

Fonts baptismaux (détail de la cuve), 1860. © Jean Gourbeix - Simon Guillot / Médiathèque de l’architecture et du patrimoine

Pour aller plus loin…

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Couverture du catalogue d’exposition Viollet-le-Duc. Les visions d’un architecte, 2014. © Norma/Cité de l'architecture et du patrimoine

Alcouffe (Daniel), L’Art en France sous le Second Empire [catalogue d’exposition, Paris, Grand Palais, 11 mai-13 août 1979], Paris, Éditions de la RMN, 1979.

Aubert (Marcel), Notre-Dame de Paris, notice historique et archéologique, Paris, Firmin-Didot, 1945.

Auzas (Pierre-Marie), Actes du colloque international Viollet-le-Duc, Paris, Nouvelles Éditions latines, 1982.

Bekaert (Geert), dir., À la recherche de Viollet-le-Duc, Bruxelles, Pierre Mardaga, 1980.

Dion-Tenenbaum (Anne), « Reliquaire de la Sainte Couronne d’épines », dans Le Trésor de la Sainte-Chapelle [catalogue d’exposition, Paris, musée du Louvre], Paris, Éditions de la RMN, 2001.

Finance (Laurence de) et Leniaud (Jean-Michel), dir., Viollet-le-Duc. Les visions d’un architecte [catalogue d’exposition, Paris, Cité de l’architecture et du patrimoine, 20 novembre 2014-9 mars 2015], Paris, Norma/Cité de l’architecture et du patrimoine, 2014.

Lenfant (Carole) et Finance (Laurence de), « Geoffroy-Dechaume restaurateur : de l’objet au monumental », dans Dans l’intimité de l’atelier, Geffroy-Dechaume (1816-1892) [catalogue d’exposition], Arles, Cité de l’architecture et du patrimoine / Éditions Honoré Clair, 2013, p. 175-205.

Leniaud (Jean-Michel), « Viollet-le-Duc et le mobilier religieux », dans Viollet-le-Duc [catalogue d’exposition, Paris, Grand Palais, 19 février-5 mai 1980], dir. Bruno Foucart, Paris, Éditions de la RMN, 1980, p. 262-270.

Leniaud (Jean-Michel), Les Cathédrales au XIXe siècle, Paris, Economica, 1993.

Leniaud (Jean-Michel), « Viollet-le-Duc et le mobilier religieux » (p. 259-269) et « Autels et espaces liturgiques dans l’œuvre de Viollet-le-Duc » (p. 281-292), dans La Révolution des signes, l’art de l’Église (1830-1930), Paris, Cerf, 2007.

Loyrette (Henri), dir., Allard (Sébastien) et Des Cars (Laurence), L'Art français, vol. V : Le xixe siècle, 1819-1905, Paris, Flammarion, 2006.

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