Observée par un œil profane, la charpente de Notre-Dame donnait le sentiment d’une « forêt » en raison du grand nombre de poutres nécessaires à sa mise en place et de leur densité. On estime qu’il a fallu 800 voire 1000 chênes pour la construire, chaque entrait ou chevron provenant d’un arbre différent. 

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Prise de connaissance de l’état de la charpente après incendie pour définir collectivement un protocole de tri et d’inventaire des bois. De gauche à droite : F. Epaud, D. Chaoui-Derieux, M. Lemoine, O. Girardclos, C. Lavier.

© A. Dufraisse / ministère de la Culture

Analyser cette « forêt », c’est en quelque sorte remonter le temps et restituer au public une partie de son patrimoine. La « forêt » de Notre-Dame constitue un jalon très important dans l’histoire de la conception des charpentes. Certains de ses dispositifs structurels, uniques en leur genre, sont considérés comme les plus perfectionnés de leur temps. 

C’est également un gigantesque laboratoire pour l’archéologie, aux retombées scientifiques majeures. Chaque chêne est un enregistreur des variations de son environnement. Les cernes de croissance des arbres recèlent à la fois un moyen de datation et un ensemble de marqueurs anatomiques et chimiques. Ces marqueurs sont des indicateurs du climat dans le passé, de la zone de provenance des bois ou encore de la structure des forêts exploitées. 

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Enregistrement archéologique des bois carbonisés : description, croquis, degré de carbonisation, photos et attribution chronologique vraisemblable

© A. Dufraisse / ministère de la Culture

Le groupe de travail « Bois et Charpente », coordonné par Alexa Dufraisse (Laboratoire AASPE), est composé d’une soixantaine de chercheurs, tous spécialistes du bois, dans des domaines de recherches différents : archéologie, histoire, dendrochronologie, écologie, mécanique, génétique, climatologie. Ils appartiennent aux institutions et laboratoires suivants :