Le soir du 15 avril 2019, les flammes dévorent la toiture de Notre-Dame de Paris. Devant ce spectacle, le monde partage une commune sidération. Très vite les dons affluent : c’est une mobilisation sans précédent.

Une cathédrale d’émotions

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La foule assiste en silence à l'incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris depuis le Pont de la Tournelle © GodefroyParis / Creative Commons

Les réactions montrent que Notre-Dame n’est pas constituée que de pierres, de bois ou de vitraux. Elle est aussi formée de représentations et d’imaginaires collectifs. Tout autant que ses tours, ses sculptures et ses arcs-boutants, ils la font exister aux yeux du monde. Elle est faite de tous les souvenirs qui forgent la singularité des attachements personnels.

Notre-Dame, visitée en voyage de noce, où l’on a été ordonné, que l’on voit depuis sa fenêtre... fait partie de la vie des gens.

Un bien commun

Dans la crise patrimoniale que l’incendie a ouverte, chacun a dit sa tristesse, sa colère, son désarroi. Chacun a pris position. Pour ou contre la restauration à l’identique de la flèche. Pour ou contre ces dons qui faisaient ressortir l’indifférence à d’autres causes, sociales ou écologiques. Au fil des discours Notre-Dame apparaît comme un bien commun dont chacun peut revendiquer la jouissance et la responsabilité. Et chaque étape du chantier de restauration vient redéployer la profusion des discours et des mobilisations

Il faut écouter ces voix, observer ces actions, pour comprendre la place que le patrimoine occupe dans notre société. Il faut prendre au sérieux ce qu’elles ont à dire, leur expertise, pour confirmer que le patrimoine est bien un héritage commun et éclairer les façons dont chacun se l’approprie.

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Incendie de Notre Dame à Paris. vue depuis le ministère de la recherche. © Marind / Creative Commons

Pour étudier ces aspects de l’incendie et de ses conséquences, anthropologues et sociologues se penchent au chevet de la cathédrale et suivent les étapes de sa restauration au sein du groupe de travail Émotions/Mobilisations.

Ce groupe de travail est coordonné par Claudie Voisenat, Sylvie Sagnes, membres de l'Institut interdisciplinaire d'anthropologie du contemporain (IIAC, équipe Lahic) et Cyril Isnart, de l'Institut d'ethnologie méditerranéenne, européenne et comparative (IDEMEC).

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Une affiche d'appel aux dons dans Paris © Claudie Voisenat 2019

Le groupe de travail rassemble des laboratoires de recherche et des services du Ministère de la Culture :